Intermédiation du travail illégal et travail au noir dans les Langhe : un business de 40 millions d'euros

L'estimation contenue dans un dossier d'Altraeconomia couvre la période entre 2023 et 2024. Le consortium se défend : "Données incomplètes ne tenant pas compte de la mécanisation du travail."

Près de quarante millions d'euros. C'est la valeur du travail illégal dans les vignobles piémontais des Langhe, berceau de grandes marques de vin comme Barolo et Barbaresco, mais aussi théâtre de nombreux cas de caporalato ces dernières années. Le chiffre, qui couvre une période de deux ans, a été estimé pour la première fois dans un dossier du magazine Altraeconomia, intitulé Grappoli amari, consacré à l'exploitation de milliers d'étrangers qui cueillent des raisins pour produire de grands vins, avec plusieurs cas découverts et inculpés par la police.

Le système de calcul

Le travail de Luca Rondi se base sur deux enquêtes récentes sur le système de travail dans les vignobles des Langhe. L'estimation a été rendue possible grâce au traitement des données du bureau du travail d'Alba. Le calcul total a été obtenu en additionnant les heures de travail nécessaires pour chaque hectare de vignoble en 2023 et 2024 (4,8 et 5,5 millions d'heures respectivement) et en les comparant au chiffre d'affaires du système des travailleurs réguliers. Le résultat obtenu par Altraeconomia est un chiffre sur deux ans compris entre 26,3 millions d'euros et près de 40 millions d'euros. Telle serait la valeur du travail non déclaré dans la viticulture de la Langa.

La défense du Consortium Barolo et Barbaresco

Le Consortium pour la protection du Barolo Barbaresco Alba Langhe et Dogliani parle de calculs théoriques et partiels qui ne tiennent pas compte de la mécanisation de l'agriculture, très répandue dans la région. L'un des anciens présidents de l'organisme de protection, Matteo Ascheri, propose au contraire de retirer l'utilisation des Docg Barolo et Barbaresco aux exploitations qui ne respectent pas la législation du travail, même si les caves des Langhe ont créé des coopératives de travail agricole en collaboration avec les institutions. Selon M. Ascheri, cela permettrait de contrôler le phénomène. Par ailleurs, deux conseillères régionales, Alice Ravinale et Giulia Marro (groupe Alleanza Verdi Sinistra), ont annoncé qu'elles présenteraient des propositions sur le sujet dans les salles de réunion de la région du Piémont.

 

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